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Une Vie Sur Mesure

J’ouvre les yeux, il est 8H20. Je profite d’un petit moment pour travailler sur l’ordinateur et vous écrire cet article. Dans une bonne demi-heure, les enfants se lèveront à leur tour. Ils prendront un petit déjeuner en jouant et papotant tranquillement, tandis que je me boirais un grand jus. Ensuite je leur proposerais du rangement ou des activités marrantes si le coeur leur en dit, en attendant qu’il fasse suffisamment ensoleillé dans le jardin pour s’y installer avec du bricolage, de la musique ou des livres audio.

Comme il fait beau et qu’il n’y a pas école pour les petits voisins, l’après-midi sera sans doute chargé :fairy tails

Ils arriveront par vagues en passant par le jardin, sortiront les nattes, les parasols, des foulards et des couvertures pour se faire des cabanes entre les arbres. La brochette d’enfants s’étant de 3 à 13 ans. Leurs parents doivent être contents : chez nous c’est un peu le centre aéré 😉 . Jusqu’à la nuit tombée, ils joueront tous aux Ninjas ou aux aventuriers comme s’ils étaient seuls au monde, avec leurs épées, leurs bâtons et leurs déguisements improvisés. Ils joueront peut-être également aux poupées dans le bac à sable…

combat ninjas pitaya renard roux cabanes

Le soir venu, une fois seuls, on dînera sur la terrasse, on jouera à des jeux vidéos ou on regardera des dessins animés sur Netflix tout en discutant et en faisant d’autres petites choses. Puis Nohan et Shani feront des roulades pleines de fou-rires dans le lit pendant près d’une heure avant qu’on se couche, à notre rythme, sans pression.

C’est à ça que ressemble notre quotidien au printemps et en été.

Les après-midis où les autres sont à l’école et où on ne les voit qu’après leurs cours, on sort se balader en forêt, on part faire du vélo, ou on fait d’autres activités à la maison selon notre inspiration.

Bref, on profite intensément de la vie.

FORÊT

Chaque jour, mon coeur se gonfle de gratitude. Si j’avais imaginé ma vie future étant ado, je n’aurais pu l’imaginer aussi belle. Intense parfois, mais magnifique. Une chose est sûre : je n’ai pas attendu la retraite pour vivre à fond et organiser mes journées comme je l’aime.
champCe fonctionnement, nous l’avons choisi. Nous voulions profiter de la seule chose qui nous importait au monde : la joie et l’amour au travers des rapports humains. Et nous voulions en imprégner nos enfants. Profiter des uns et des autres, rire, jouer, prendre le temps de vivre réellement. Explorer le monde en épanouissant sa personnalité propre. Respecter son rythme. Se sentir libre.

Nous avons fait en sorte que ce soit possible. Nous avons déménagé dans un endroit où le salaire de mon mari serait plus élevé afin que je puisse me concentrer sur nos enfants et leur faire l’instruction en famille. Bien qu’il soit celui qui travaille, lui aussi vit confortablement : allant à contre-courant des traditions dans son domaine, il a fermement fait en sorte de finir ses journées à 16h plutôt qu’à 19h et profite de longues soirées où il s’occupe à ses passions. L’an dernier, il travaillait à 80% (il ne bossait pas le vendredi) et il attend impatiemment de pouvoir s’y remettre.

Si je vous raconte cela, c’est pour vous dire que chacun de nous avons en nos mains le pouvoir de vivre selon notre coeur. RÉELLEMENT. Certes, sur le coup, cela demande du courage ; il faut parfois plonger dans l’inconnu sans trop savoir ce qu’il y aura derrière. Ça peut faire peur. Personne ne nous a enseigné à le faire. C’est à nous d’ouvrir la voie, d’être le changement, d’oser aller vers ce qui nous rend réellement heureux et en paix. C’est à nous de nous créer une vie sur mesure et d’affirmer nos choix. Nous en vallons la peine.

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Et vous savez quoi ? C’est ainsi que nous changeons le monde…

Soyez heureux !

Merci de m’avoir lue,
Marion Eberschweiler.

Parents, dites STOP au dictat de la perfection

C’est un sujet qui est (très) brûlant pour moi, sur lequel j’avais fait une web-conférence. Le dictat de la perfection

De quoi s’agit-il ?

En tant que parent, vous prenez une direction familiale très personnelle, induite par votre enfant et guidée par un amour incommensurable. Vous vous apprêtez à suivre votre coeur, vous êtes en accord avec vous-même… Et tout à coup, vous vous retrouvez pris en étau entre tout ceux qui pensent que vous ne devriez « pas faire ainsi » car ce n’est pas bien, mais aussi tout ceux qui pensent à l’inverse que vous devriez aller plus loin car ce n’est pas assez bien.

C’est un comble. On est d’accord.

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Si comme moi vous êtes « multi-différent », vous aurez d’ailleurs constaté que ce phénomène se produit absolument sur tout les plans, dans tous les domaines, traditionnels comme hors-normes. Personnellement, je suis bizaroïde pour les gens classiques (je ne fais rien comme tout le monde), je ne suis jamais assez vegan chez les vegans (je donne du soutient aux couples végé/omni), jamais assez écolo chez les écolos (j’ai un iphone), jamais assez cru chez les crudivores (j’utilise des épices cuites), jamais assez non-violente chez les parents bienveillant (parfois je me mets en colère), jamais assez spirituelle chez les spirituels (je n’ai pas de dons de médiumnité)… Bref, aucun n’y échappe. C’est un phénomène humain.

Que cela provienne d’un gentil conseil ou d’une remarque méprisante, cela ne part pas d’une mauvaise intention : les gens veulent votre bien, celui de votre enfant (et celui de toute la planète), et ils projettent leur conception de ce qui est bien.

Le problème c’est la pression que cela induit. Le résultat est que, tiraillé entre ce qu’on nous dit de faire « parce que c’est bien », nos envies personnelles et ce qu’on nous dit de faire « parce que c’est encore mieux », on se sent perdu. On se mets la barre très haut, et pris dans l’élan de toujours s’améliorer, il y a le risque que nous ne nous trouvions jamais assez bien. Il n’y a pas de limites à ce que j’ai pû, personnellement, m’infliger à moi-même pour être toujours plus cohérente, plus en accord avec mes idéaux. C’est particulièrement fort lorsqu’on est parent et qu’on cherche à se dépasser par amour pour son enfant.

Je ne vous dit pas ça au hasard. Je vous le dit parce qu’à mon échelle ça a été très douloureux : plus de 15.000 personnes suivent et commentent mes publications. 15.000 personnes uniques, merveilleuses, engagées, chacune avec son bagage, son idéal et sa sensibilité propre… Chacune venant me dire comment, selon elle, je pourrais faire mieux, selon ce qu’elle a elle-même réussi à mettre en place dans sa propre vie sur un plan donné. Je n’ai cessé, les premières années, d’essayer de suivre tous ces conseils, de chercher à m’améliorer sans fin… au point de me sentir jamais « assez bien » et d’y perdre mon essence.

Évidemment, il est bon de savoir se remettre en question en fonction de ce qu’on nous apporte. Le doute est un peu notre garde fou, et surtout, nous adorons évoluer et aller de l’avant… Encore plus lorsque c’est pour la chair de sa chair.

Mais il s’agit ici de savoir aussi dire STOP.

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De savoir qui on est et où on va, d’avoir sa propre personnalité, de respecter son rythme personnel d’évolution, et de ne pas se laisser déstabiliser. Ce n’est pas parce que nous ne faisons pas comme les autres que nos choix n’ont pas de sens. Et ce n’est pas parce que nous ne sommes pas au bout du bout de nos idéaux que nous ne vallons rien. Nous sommes humains, nous avons notre histoire, nos problèmes, nos forces et faiblesses, nos proches tous aussi uniques… Le tout crée une symbiose magique dans notre vie.

Je me suis longtemps mise la pression dans de nombreux domaines, dont l’éducation… Et je m’y suis à chaque fois cassée royalement la figure. Loin des théories, la vie réelle et mes enfants m’ont systématiquement remis à ma place. Ça m’aura donné deux bonnes leçons :

  1. M’accepter comme je suis là où j’en suis.
  2. Arrêter de donner des conseils aux gens. Surtout s’ils ne l’ont pas demandé. Car le problème, quand on se mets trop de pression, c’est que sans s’en rendre compte on l’inflige également aux autres. J’ai souvent dit aux autres ce qu’ils devraient ou pourraient faire… Finalement, c’est une grande leçon d’humilité et de tolérance. S’accepter comme on est et accepter les autres comme ils sont.

A présent, je réagis par l’humour face aux remarques… Ou je laisse parler, en leur disant avec un sourire que je comprends leur point de vue. Je réponds aux questions mais je ne cherche plus à me justifier, ni à débattre et encore moins à convaincre. Est-ce qu’il n’y a pas plus important dans le monde ? La tolérance de la différence est la plus grande des forces, elle coupe les guerres à leur source.

Nous avons le droit à nos problèmes physiques qui font que nous n’avons pas pu accoucher dans l’eau ou allaiter ; nous avons le droit à notre fatigue, qui ne devrait pas nous faire détester notre maison toujours en bazar et notre lot de couches lavables mit de côté alors que nous aurions tant aimé les utiliser ; nous avons le droit à notre besoin de solitude qui nous fait céder aux dessins animés ; à nos peurs qui nous font passer de « pourvu que mon fils mange super-sain » à « pourvu qu’il mange quelque chose », nous avons le droit à nos colères et nos tristesses, qui ne devraient pas nous faire sentir si coupables de simplement « être ».

Au travers de l’éducation, c’est en écoutant notre enfant que nous parvenons à lâcher prise. Sur tant de choses… Un idéal, aussi beau soit-il, ne devrait pas être un but en soi mais un fil directeur nous guidant dans la direction que nous voulons donner à notre vie. La vraie vie est loin des théories. En découvrant la personnalité unique de notre enfant, nous découvrons que nous sommes nous-même unique, au delà des idéaux, au delà de l’éducation que nous ont donné nos parents. Nous sommes ce que nous sommes, parfaits dans nos imperfections. Et pour notre enfant, cette unicité assumée est la plus grande des richesses. Car elle lui apprend à s’aimer lui-même tel qu’il est, à accepter ses peines, ses frustrations, ses colères et ses faux pas, ses différences comme faisant partie de la beauté de la vie, comme étant des perles de sagesse à apprivoiser petit à petit afin de s’en servir pour grandir. Cela l’invite au respect de la différence de l’autre, guidant la planète entière vers plus de tolérance et donc de paix.

Si chacun faisait quelques pas bien assumés vers ses idéaux, ce serait plus bénéfique pour l’humanité que si une seule personne les vivait entièrement. Parce qu’un petit pas est plus facile à faire et moins intimidant qu’une perfection, il semble plus accessible aux autres et a alors une influence plus grande.

Sur ce site, vous ne trouverez ni extrémisme, ni parti prit. On témoigne, on vous parle de ce qu’on vit, on vous partage nos activités, nos choix, nos joies et nos jeux, sans penser faire mieux que quiconque, sans chercher à vous convaincre ou à alimenter les débats.

La seule chose qui importe, c’est l’épanouissement de votre enfant au sein de votre foyer à vous.

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Ce n’est donc pas un conseil mais un cri du coeur que je vous partage aujourd’hui, que vous ne pousserez, vous aussi, que s’il vous libère : aimez-vous comme vous êtes, dites STOP au dictat de la perfection !

Ou plutôt, voyez toute la perfection de vos imperfections

;-D

Merci de m’avoir lue,
Marion Eberschweiler

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