Notre “non-rentrée” des classes 2020 #lifeschooling

Nous sommes en septembre. Nohan a 11 ans et Shani 9. Pourtant, chez nous, il n’y a pas eu de rentrée scolaire.

C’est la 12ème année que nous « piratons » l’instruction, c’est à dire que nous apprenons à notre manière. Ici, nous favorisons les apprentissages autonomes, choisis librement par l’enfant.

Peut-être n’avez-vous jamais entendu parler de ce concept et cela vous surprend-t-il ?

  • Non, mon enfant ne passe pas ses journées entières assis à une table à écrire en écoutant un monologue.
  • Non, il n’ouvre pas tel livre de connaissance à telle heure, comme nous l’avions nous même fait à l’école.
  • Non, il n’est pas jugé par un système de notation à chaque fois qu’il produit une création, ni brimé par ces mêmes notes s’il a besoin de plus de temps que d’autres enfants pour acquérir telle ou telle connaissance.

Je préfère respecter son rythme et utiliser les centres d’intérêt vers lesquels il se tourne comme support pour ses apprentissages. Je laisse libre court à son élan de curiosité naturel et je lui fait confiance (c’est ça le plus dur^^). Mon enfant s’appui sur le plaisir qu’il éprouve à acquérir des connaissances. Les obstacles rencontrés deviennent des défis stimulants qui lui donnent envie de se dépasser, son progrès lui apporte de la satisfaction car il a du sens pour lui : il lui sert tout simplement à aller plus loin. Ainsi, même ce que nous appelons habituellement des «échecs» deviennent des richesses, des expériences constructives et pleines d’enseignement.

Thomas A. Edison, inventeur du phonographe, de l’ampoule électrique et du cinéma, a arrêté l’école à 7 ans et était autodidacte. Expérimentateur insatiable, il a déposé 1074 brevets dans sa vie. Lorsqu’il parle des échecs survenant lors de ses expériences, il dit :

«Je n’ai pas échoué. J’ai seulement trouvé

10 000 solutions qui ne fonctionnent pas.»

Thomas A. Edison.

Parce qu’au fond, pourquoi instruisons-nous ?

Le but de l’école (outre celui de servir de garderie aux parents qui travaillent^^) est d’enseigner un socle commun de connaissances qui nous offre une base sociale commune. Cela nous permet de nous comprendre (langage, écriture, culture commune…) et de pouvoir intégrer le monde du travail avec une relative égalité.

Cela, dans le fond, c’est plutôt chouette.

Si je pouvais y changer une chose, ce serait la forme, c’est à dire la façon dont on est amené à cette base commune.

  • L’école actuelle semble voir la connaissance comme un moyen d’accéder à la compréhension du monde. Elle fait sentir le manque de connaissances comme une carence, et les «mauvais élèves» n’arrivant pas à avoir accès à cette base commune, en pâtissent.
  • Pour ma part, au contraire, je vois la compréhension du monde comme moyen d’accéder à la connaissance.

Apprendre n’est-il pas inné ?

Le fait même d’apprendre est un processus inné, inscrit dans nos gènes. Dès notre venue au monde, nous découvrons l’environnement dans lequel nous sommes immergés. Nous observons avec curiosité et intérêt, nous reproduisons avec satisfaction, nous avons envie de comprendre car cela nous apporte du plaisir. C’est parce que nous avons baigné dans un environnement où les gens parlaient que nous avons spontanément acquit la parole. On ne nous a pas enseigné l’alphabet avant de pratiquer le langage… tout simplement parce que cela n’aurait pas fait sens en nous !

C’est parce que nous sommes en immersion dans le monde et que nous l’explorons, que nous nous mettons à le comprendre et que par curiosité, pour aller plus loin, nous accédons à la connaissance. Dans ce cas de figure, nous sommes actifs, et non passifs, dans l’acquisition de notre propre savoir. Nous avons un potentiel incroyable, qui ne peut être qu’un atout, tant que notre soif de découverte est encouragée et non brimée.

« L’intelligence n’est pas la capacité de stocker des informations, mais de savoir où les trouver.»


Albert Einstein

De nos jours en particulier, internet offre une bibliothèque de connaissances d’une portée jamais vue auparavant dans l’histoire de l’humanité. L’échange, le partage et la possibilité d’accéder aux richesses d’autrui est un moteur extraordinaire de découverte, d’évolution personnelle et d’évolution globale de la société.

Comment ?

Cela se fait tout simplement sur la base de la motivation personnelle : envie, plaisir et joie.

J’ai tout le temps ce dessin animé qui me vient en tête lorsque j’évoque ce sujet : Monstres & Compagnie. Dans cette histoire, à chaque fois que les monstres réussissent à faire peur à un enfant, ils remplissent les réserves d’électricité qui font fonctionner leur monde. Jusqu’au jour où (spoil alert !!^^) ils découvrent qu’en faisant rire les enfants, l’énergie déployée est immensément plus grande ! Ils cessent alors d’alimenter la peur pour choisir la joie, beaucoup plus prolifique.

Que pensez-vous d’une société où on n’apprend pas les choses par obligation, dans la crainte de réprimande ou de mauvaises notes, mais dans la joie, parce que ces connaissances-là nous apportent du plaisir et de la satisfaction en elles-mêmes ?

Lors de l’année qui s’est écoulée, Nohan, 11 ans, a apprit par lui-même et à sa propre initiative à parler anglais. Je m’en suis rendue compte le jour où en passant devant son ordinateur, j’ai surpris une de ses discussion, visiblement animée et pleine de rires, avec un autre adolescent… totalement en anglais !! Je suis restée tout bonnement sidérée. Lorsque je lui ai demandé comment il s’y était pris, il m’a expliqué qu’il s’était mis à suivre des Youtubeurs américains dans un domaine spécialisé qui le passionnait et qui n’avait pas d’équivalent en français. Il s’agissait de certains jeux vidéos dont il était fan. Il affichait parfois des sous-titres en anglais pour mieux décortiquer les mots qu’il entendait. Le plaisir manifeste que les youtubeurs prenaient à partager leurs parties et leurs astuces, les répétitions constantes de leurs formulations orales et le lien avec l’image affichée lui ont rapidement permi de comprendre le sens des phrases. Il a également décidé de basculer l’interface de ses jeux vidéos en langue anglaise pour faire plus facilement le lien avec les vidéos qu’il regarde ainsi que pour élargir sa compréhension. Il pouvait reproduire, imiter, aller plus loin.
Comme ces jeux se déroulent en ligne avec d’autres joueurs de toutes nationalités, il s’est fait spontanément des amis anglais en jouant, avec lesquels il parle et joue très régulièrement en équipe. Ça lui demande de comprendre, de réagir, d’interagir ; d’avoir les bons mots pour faire progresser l’aventure…

C’est tellement éloigné du faible niveau avec lequel je suis moi-même sortie du lycée que je ne peux qu’être émerveillée par cet élan spontané vers la connaissance, une fois qu’elle a du sens pour nous, une fois qu’on y voit un but attrayant.

J’estime que chacune des matières inscrites sur le socle commun des compétences scolaires peut être amenée d’une façon attrayante, informelle et ludique. Lorsqu’il s’agit de faire découvrir à autrui un nouveau domaine de compétence, c’est notre propre passion et nos connaissances, nos anecdotes ou interactions marrantes avec ce domaine qui vont nous permettre d’attiser la curiosité, l’intérêt et l’envie d’en savoir plus de celui qui nous écoute. Nous avons tous en mémoire un professeur qui a su nous captiver par sa propre passion…

Laisser les enfants nous montrer le chemin.

Il y a une chose qui me semble importante : l’enfant est beaucoup plus dans le jeu que l’adulte. C’est pour cela que pour moi, les enfants ont un rôle de guide pour nous montrer la façon dont ils perçoivent tel ou tel domaine et la manière dont il peuvent le comprendre avec efficacité.

Ce n’est pas à nous de les diriger mais à eux de nous orienter, chacun à sa façon, avec son individualité, ses besoins, son rythme.

Je vois tant de personnes faisant l’école à la maison en reproduisant ce qui est fait à l’école : fiches à remplir, textes à lire, questionnaires… Si nous acceptions de nous laisser guider, il est peu probable que les enfants cette génération 2020 nous demandent ce type de travaux. De nos jours, il nous demanderaient des livres audio, des mangas, des jeux de société, des jeux vidéo, du bricolage ou des travaux artistiques, des musées interactifs, des vidéos YouTube…


Exposition-expérience interactive “Faire corps” à la Gaîté Lyrique, Paris 2020

Et pourquoi pas ?

Construire ensemble le futur.

Ces moyens sont très ludique, très interactifs et donc, selon moi, de grandes efficacité et rapidité pour transmettre les connaissances. Pourquoi passer des jours à essayer de faire rentrer par cœur dans la tête d’un enfant ce qu’il pourrait comprendre par lui-même en quelques heures à l’aide du plaisir qu’il en retire ?
Beaucoup de parents fuient la technologie. Je préfère m’intéresser à ces supports (vous connaissez mon côté nature. Mais vous ai-je déjà parlé de mon côté geek…?) pour les comprendre et ainsi savoir conseiller, sécuriser et guider mes enfants vers le monde de demain. Pourquoi nous accrochons-nous à ce qui semblait bon “avant” ?

Lorsque mon père était tout jeune, sa grand-mère le réprimandait si elle le surprenait à… lire une bande-dessinée ! Ce format de lecture, pourtant de nos jours considéré comme le 9ème art, lui semblait infantilisant, de piètre qualité et moins distingué qu’un livre plus complexe et sans images.


Visite interactive du palais des Papes, à Avignon, 2020.

Notre vision de l’enfance à changé, nous nous mettons plus facilement à la hauteur des plus jeûnes. Je trouve que les histoires, dessin-animés ou jeux vidéos de nos jours s’adaptent bien aux élans spontanés et joie et de plaisir propres aux petits humains. Il y en a pour tous les âges et tous les goûts, les enfants grandissent à leur rythme, on recherche leur bien-être et leur épanouissement. On n’essaye plus d’en faire de mini-adultes sérieux comme du temps de mon arrière-grand-mère. Notre société a évolué, et elle évolue encore dans ce sens. Ces enfants une fois adultes auront une autre perception du monde, ils créeront de nouveaux types de métiers, que je leur souhaite épanouissant et tournés vers leurs passions.

C’est d’ailleurs déjà ce qui se passe, je vois tant de gens se mettre à vivre de ce qui les fait vibrer, de ce dans quoi ils sont doués !

Après avoir comprit comment les mots se déchiffraient et se composaient à l’aide du début de la méthode de lecture syllabique en B.D. que nous avons créé ensemble, Nohan et Shani ont appris à lire par eux-mêmes. L’année dernière, Shani a voulu passer (avec l’accord de la direction) de nombreuses demi-journées dans une école alternative de notre quartier, dans le but de se faire de nouvelles amies. Je me suis dit que c’était une super expérience et une bonne occasion de voir si elle pouvait suivre le niveau des enfants de son cycle (niveau CE2). L’enseignante a travaillé avec elle et m’a fait un retour complet, estimant qu’elle était tout à fait à jour et qu’elle se débrouillait bien, que notre travail à la maison était efficace. Ça m’a fait rire intérieurement : je n’y étais pas pour grand chose ! J’ai demandé à Shani comment elle avait apprit le bon orthographe des mots. A part avec moi, elle ne lisait pas énormément de livres à l’époque ; mais elle écrivait beaucoup de sms à ses grands-parents et à ses amies. Elle m’a expliqué qu’elle utilisait le correcteur automatique : “lorsque j’écris les premières lettres, plusieurs possibilités de mots s’affichent dessous, et je dois reconnaître le bon. Après, je m’en souviens”.

Pour l’écriture à la main, c’était pareil : elle n’avait jamais fait de cahiers dédiés à la formation des lettres. Oh j’avais bien essayé de lui en faire faire ! Mais elle refusait systématiquement ces, je cite : “trucs nuls et ennuyants”. Alors, je l’incitais simplement à dessiner. Cela, c’était facile : je dessine moi-même beaucoup et elle adorait dessiner à mes côtés. Sa chambre regorge de carnets à dessins ! Lorsqu’elle a participé à la classe de CE2, son poignet déjà bien rodé a très rapidement su écrire des phrases et des paragraphes entiers. Après tout, l’écriture n’est qu’une forme de dessin 🙂 ! Cette année, elle s’est procuré un joli agenda qu’elle tient comme un journal intime, avec des stylos multicolores et à paillettes. Lorsqu’elle s’interroge sur l’écriture d’un mot, elle nous demande ou cherche sur le téléphone.

Chaque chose en son temps.

Un dernier aspect est à prendre en compte : il y a bien des sujets que l’école a essayé de nous enseigner lorsque nous étions enfants et qui nous semblaient totalement rébarbatifs, tandis que des années plus tard, une fois adultes, nous les percevons autrement et nous nous y intéressons sérieusement. Nous nous rappelons alors vaguement en avoir entendu parler à l’école, avoir tout apprit “par cœur” pour un contrôle, puis avoir tout oublié, faute de réel intérêt…

Visite d’un camp de légionnaires romains reconstruit, près de Dijon, été 2020.

Il y a un temps pour tout.

Peut-être est-ce une erreur que de croire que si l’enfant n’acquiert par telle connaissance bien corsée à tel âge, il ne sera jamais cultivé. Je pense que la culture peut lui être transmise d’une autre façon : simplement par immersion, sans attendre de lui qu’il comprenne ou retienne tout ce qu’il voit, qu’il sache des formules compliquées, dates précises ou événements historiques liés… mais en lui permettant d’appréhender la globalité, en lui laissant de bonnes impressions et en le laissant vivre des expériences ludiques en rapport avec ces thèmes, ce qui l’incitera plus tard dans sa vie à aller approfondir ces sujets lorsqu’il en aura l’envie ou la nécessité. Ou jamais ! Qui sait où ses pas le mèneront ?

Au fond, ce qui me semble vraiment important est que mes enfants gardent confiance en l’appétit de découverte qui les anime. Donnons du terreau à leur curiosité et offrons-leur les clefs pour l’épanouir, pour aller plus loin. C’est ainsi que, plutôt que de les ballotter d’une connaissance forcée à l’autre, nous leur apprenons à apprendre , à aimer aller vers de nouvelles découvertes et à savoir comment trouver les informations qu’ils recherchent.

Et c’est ainsi selon moi que nous créons des êtres ayant confiance en eux-mêmes, heureux, auto-suffisants, capables de s’insérer dans le monde, acteurs de leur vie et de la société de demain.

Le jour où j’ai découvert que mon fils était Autiste Asperger

Il y a quelques années déjà, je vous parlais du côté Hors Normes de mon fils Nohan. En effet Nohan est né, entre autre, avec un trouble anxieux généralisé, il a des blocages alimentaires, des hypersensibilités sensorielles, il est maladroit, insomniaque et globalement en lutte avec le monde… Jusqu’à il y a 18 mois, je ne ne voyais pas le rapport entre tous ces phénomènes.

CELA POUVAIT-IL ÊTRE GÉNÉTIQUE ?

Il y a 1 ans 1/2, donc, nous sommes partis une semaine en vacances avec une de mes belle-soeurs, qui a son fils du même âge. En les voyant ensemble et en discutant de nos difficultés, cela nous a sauté aux yeux : les deux cousins avaient les mêmes types de troubles ! Nous étions toutes deux stupéfaites de devoir emmener nos fils de 8 ans aux toilettes à cause d’une hyper-anxiété, d’être réveillées la nuit par leurs nombreux cauchemars, de devoir mesurer la façon dont nous les poussions sur la balançoire (à cause, je le sais aujourd’hui, d’un trouble vestibulaire). Les deux garçons avaient la même démarche maladroite quand ils courraient. Ils avaient chacun une passion particulière et ne voyaient le monde qu’au travers d’elle. Tous les deux avaient des problèmes de concentration et des hypersensibilités sensorielles envahissantes (qui s’exprimaient de différentes façons chez l’un et chez l’autre).

C’était tellement incroyable ; il y avait forcément un facteur génétique !

AUTISTES…??

Le frère aîné de mon mari est autiste, il vit dans un centre spécialisé. Se pouvait-il qu’il y ai une part génétique dans l’autisme ? C’était comme-ci quelque chose avait filtré… mais nos garçons n’avaient pas de déficiences mentales, ils étaient même plutôt brillants ! N’y connaissant rien, j’ai voulu explorer cette hypothèse. Les jours suivants je me suis laissée absorbée par toutes les informations que je pouvais glaner sur internet. En tombant sur un dossier expliquant les troubles autistiques chez l’enfant, j’ai eu des palpitations. Tout les phénomènes que je voyais chez Nohan et qui me semblaient sans lien apparent, étaient ici regroupés dans la définition du SYNDRÔME D’ASPERGER, un autisme sans déficience mentale…

UNE ÉTIQUETTE DE PLUS ?

Ma première réaction à été de me dire “Ok, maintenant que j’ai cette information, qu’est-ce que j’en fait ?” À l’évidence, je m’adaptais déjà à la plupart de ses besoins particuliers (pour preuve, les nombreux produits créés pour son instruction “différente”). Étais-ce nécessaire de faire un bilan, en sachant combien c’est long, pénible, coûteux et complexe (peu de spécialistes sont formés à déceler ce syndrôme en France) ? Et pourquoi une étiquette de plus, dans un monde où on préfèrerait que chacun développe l’empathie qui permet d’accepter les différences des autres avec respect ?…

Je dois vous le dire : il y a des fois où avoir une étiquette soulage. Lorsque votre enfant est incompris et qu’il en souffre, lorsque vous avez des attentes là où il ne “peux pas”, lorsque cela crée des conflits avec d’autres personnes, et aussi… lorsque vous êtes montré du doigt en tant que parent et “accusé” de chacun de ses troubles. Car oui, il allait falloir en parler autour de moi, et je savais que j’allais être confrontée au refus d’y croire de bon nombre de mes proches et au manque de soutient. Mais il fallait que j’aille jusqu’au bout, et avec l’humilité de savoir que je me trompais peut-être.

LE SOULAGEMENT

Je me suis rendue à Paris, à Lyon et ailleurs, afin de passer tous les examens nécessaires. Un an et demi plus tard, en fin décembre 2018, nous avons enfin obtenu le verdict final : Nohan est bien autiste asperger et présente le fonctionnement d’une personne à intelligence supérieure.

Comme je suppose que cet article va soulever un certain nombre de questions chez vous, dans un prochain article, Nohan et moi vous expliquerons en détail comment cela se manifeste chez lui.

Pour le moment, je peux déjà vous dire que depuis le diagnostique il y a 3 mois, cela se passe mieux avec tout le monde. Les membres de ma famille le trouvent changé, ils ont l’impression de pouvoir pénétrer dans sa bulle. Nohan se sent bien mieux comprit et respecté. Il n’est plus culpabilisé lorsqu’il “n’en peux plus” lors d’une activité. Sa brusquerie n’est plus perçue comme de l’irrespect et tout le monde lui manifeste plus de patience et de discussion. J’éprouve beaucoup de gratitude envers tous mes proches.

Pour ma part, nombreux sont les spécialistes que j’ai pû voir qui m’ont félicité de ne jamais l’avoir mis à l’école et qui ont vu dans mon maternage une chance, lui permettant de se développer avec le plus d’harmonie possible. Notre mode de vie lui a permis d’avoir confiance en lui-même, de voir son rapport au monde comme une différence et une force là où la société voudrait qu’il sente un handicap.

Et lorsque des études scientifiques à l’heure actuelle vous expliquent que les autistes ne produisent que très peu d’ocytocine (l’hormone du bien-être et du lien affectif) et que vous savez que le maternage proximal (portage, cododo, allaitement…) permet justement de maximiser la production de cette hormone chez l’enfant, vous vous dites (avec une pointe de jubilation prétentieuse bien méritée) J’AI BIEN FAIT DE SUIVRE MON COEUR !

À suivre…

IEF/vegans, une vidéo de notre quotidien

Salut ! Aujourd’hui, ou plutôt hier car on a filmé ça hier, on vous ouvre les portes de notre maison et on vous y accueille pour passer la journée ensemble. Vous allez nous suivre du lever au coucher, et avoir un petit aperçu de la vie chez nous, de l’école à la maison et des repas vegans…

IEF, l’année où nous avons failli avoir un deuxième contrôle.

S’il y a bien une angoisse lorsque l’on fait l’école à la maison, c’est le passage des deux inspecteurs de l’éducation nationale (en fait : un inspecteur et un conseiller pédagogique qui en général est un enseignant) une fois par an chez soi.

S’ils sont content de nous et de l’évolution de nos enfants, tout va bien. Mais s’ils estiment que nos enfants n’évoluent pas correctement, ils nous mandatent pour un deuxième contrôle quelques mois après le premier, lors duquel l‘enfant doit avoir nettement progressé par rapport au précédent, sinon il est invité (obligé, puisque si on ne le fait pas le parent a 6 mois d’emprisonnement et 7500 euros d’amende !) à aller à l’école dans les mois suivants.

Autant vous dire que ce deuxième contrôle, c’est la bête noire, surtout qu’on comprend bien que c’est un peu au bon vouloir des personnes mandatées pour venir nous faire le premier contrôle. Si elles sont ouvertes, tout se passe bien ; si elles sont  sceptiques face à l’intérêt de faire l’instruction en dehors de l’école (voir trouvent cela… totalement farfelu) et restent dans leurs aprioris, c’est moins évident.

Eh bien cette année, lors de notre quatrième année d’instruction en famille et alors que jusque là tout se passait bien, nous avons pour la première fois clairement rencontré ce second personnage…

Vous le savez, je fonctionne beaucoup en informel et en utilisant l’auto-motivation de l’enfant et en me basant au maximum sur leur plaisir et en les forçant le moins possible. J’ai même créé de nombreux supports marrants (B.D.s de grammaire, de lecture, manuel de maths dans la nature…) pour cela ! Quoi qu’il en soit, je fais toujours en sorte que nous soyons dans les cordes, afin de ne pas être bloqués par l’inspection (ce qui serait vraiment dommage, n’est ce pas ?).

Depuis le contrôle précédent, le même inspecteur revient à chaque fois, un homme sympathique, ouvert, qui comprend les enfants et avec lequel j’ai plaisir à échanger. Le conseiller pédagogique en revanche, varie tous les ans. Cette année, bien que poli, il nous a semblé, à une autre amie du coin faisant ief et l’ayant eu pour le contrôle de ses enfants et à moi-même, qu’il était plutôt réfractaire à l’ief.

Donc, après un contrôle où j’ai passé 2 heures à échanger de façon agréable et très enrichissante avec l’inspecteur tandis que le conseiller pédagogique s’occupait des enfants, j’ai tout de même reçu un courrier totalement contradictoire avec la réalité des faits et nous proposant un deuxième contrôle… Visiblement pas écrit par l’inspecteur. Je vous transmet ici notre échange, afin qu’il puisse vous être profitable si vous rencontrez la même situation :

(photo : bureau de la salle dédiée aux enfants)

(photo : mur du salon dans lequel se déroule le contrôle, où on peut voir cartes, frises, système de notation, emploi du temps…)

(photo : salon dans lequel se déroule le contrôle)

Voilà. Vous l’aurez comprit, j’ai eu gain de cause

Je ne suis pas sûre que la situation eu pû être différente, par exemple, oser dire qu’il n’y a pas d’affichages ou de matériels alors que le salon dans lequel se déroule l’inspection en est truffé, cela relève de la pure mauvaise foi. (Aussi, j’ai eu beaucoup de chance que cela ai été constaté et posé à l’écrit par l’un des contrôles précédent, car cela fait office de preuve, sachez-le).

C’est d’ailleurs précisément cette mauvaise foi qui m’a poussée à faire de mon mieux pour faire annuler ce second contrôle, car même si entre temps j’avais imprimé de nombreux travaux de Nohan faits à l’ordinateur en guise de preuve de sa capacité à écrire, si le même conseiller pédagogique revenait faire le second contrôle, aurais-je une chance ??

Les enseignements que j’ai pu tirer de cette expérience :

  1. Visiblement, il n’y a pas toujours de communication profitable entre l’inspecteur et le conseiller pédago. Les prochaines fois, je les accueillerais différemment, je commencerais par leur parler à eux deux de notre fonctionnement et des “choses à savoir” (ex : dyspraxie… façon d’enseigner…) avant qu’ils ne s’intéressent aux enfants, plutôt que de ne parler de cela qu’à l’un.
  2. Ne pas avoir que des cahiers et manuels. Croyez-le où non, je n’ai jamais pris le temps d’imprimer les photos de ce site, pensant cela inutile ; j’ai donc commencé à le faire dans un grand classeur (avec onglets par matière) afin de pouvoir leur présenter notre façon de fonctionner aux prochains contrôles, et afin qu’ils voient les enfants en action dans leurs apprentissages, cela étant une preuve concrète de mon implication dans leur éducation.
  3. Ne pas être seule, avoir un témoin, lors de l’inspection.
  4. Être à jour dans mes papiers et certificats médicaux. En effet, c’est l’inspecteur lui-même, qui lors du contrôle, m’a conseillé de le faire pour être tranquille, heureusement j’ai suivi son conseil et en effet cela m’a été utile pour faire annuler ce second contrôle !!!!
  5. Et surtout, continuer à être moi-même, à accueillir les gens le sourire au lèvre et de façon humaine. Quoi qu’on fasse, il peut arriver qu’on croise des personnes très différentes de nous. Mais il ‘a pas de raison pour ne pas se montrer toujours positive, agréable, et ouverte aux conseils. Cela ne peut qu’être profitable.

Grâce à cette compréhension plus approfondie que m’a permise cette expérience, je vous ferais bientôt un post expliquant le déroulement d’un contrôle et les choses à préparer pendant l’année et à présenter qui pourront vraiment vous aider.

Et vous qui faites l’ief, quelle est votre expérience des contrôles ?

En attendant, je vous remercie de m’avoir lu jusque là et je vous fait des bisous pleins de soleils pour l’été !

L’humaine derrière l’écran

Bonjour à tous. “L’humain derrière l’écran”, c’est un sujet que je trouve extrêmement important, j’en discutais cet après-midi avec une amie et je me suis dit qu’il fallait que je vous en parle.

Il existe des tas de sites, sur l’enfance comme sur tous les sujets, qui utilisent de nombreux procédés commerciaux pour se faire connaître et promouvoir leur contenu. En général ils se repèrent vite : leurs newsletters sont toutes écrites un peu de la même façon ; leurs sites ont un design dé-personnifié. Ils s’adressent directement à votre prénom, ont des techniques de vente et des astuces pour obtenir de nombreux abonnés. Ils vous promettent de grandes choses qui vous semblent tout à coup indispensables.

Et ça marche, c’est certain !

Il n’y a sans doute rien de mal à ça. Mais moi, je ne peux pas.

Il y a quelque chose qui est trop important pour moi : ne pas m’effacer. Ce que je souhaite, c’est promouvoir l’humain, faire transparaître ma personnalité et mes idéaux. Ce que je veux, c’est partager une partie de ma vie, rester fidèle à moi-même, et vous parler comme j’aimerais qu’on me parle. Raconter mes expériences positives et mes échecs. Lorsque je vous fabrique un produit, il représente simplement mes valeurs, mon engagement et ma créativité. Je crois en lui, mais je ne vous dirais jamais qu’il sera la solution à tous vos problèmes.

Certes, ce serait plus vendeur. Peut-être que mon site pourrait être plus accrocheur. Peut-être qu’avec une démarche stéréotypée et un site qui rentre dans le moule, je toucherais plus de monde. Mais à quel prix ? Je ne cherche pas à faire de l’audimat. Ce site, c’est un peu une fenêtre sur ma maison. Je veux être entière. Je ne veux pas vendre du rêve, je veux toucher l’humain derrière l’écran, de ma vie à votre vie.

En fait, ça touche une corde sensible chez moi. Parce que ce que je veux pour mon site, c’est ce que je veux pour le monde. J’aimerais voir du vrai contact, des barrières abaissées entre les gens, de la sincérité, de l’entièreté, mais aussi de la tolérance face à l’unicité de chacun. C’est certain que s’exposer ce n’est pas toujours simple, ça amène à travailler sur soi, à mettre son égo de côté et à se détacher du quand-dira-t-on. Parfois, les rapports humains font mal et c’est sans doute plus facile de se cacher derrière des formulations toutes faites. Certains aimeront mon travail et ma personnalité, d’autres non.

Mais ça vaut la peine d’essayer ! Je suis loin d’être parfaite, personne n’a besoin d’être parfait pour être parfaitement merveilleux. Je me respecte profondément là où j’en suis, avec mes aléas, et je ne veux tout simplement pas montrer autre chose (surtout si c’est lisse…). S’assumer, c’est au moins inviter les gens à prendre confiance en eux et à embrasser pleinement leur propre vie.

Et jusqu’à présent, sur ce site, j’ai toujours trouvé des gens ouverts d’esprit et d’une véritable bienveillance. Alors je continue d’y croire, parce que ce que je vois, c’est que lorsqu’on ouvre sincèrement son coeur, on touche le coeur de l’autre.

Merci d’être présents dans ma vie, merci de me lire <3

Marion Eberschweiler

Dans les jardins de Claude Monet

Vous le savez déjà, l’art est un sujet que j’affectionne particulièrement. Je voulais faire découvrir aux enfants Claude Monet, illustre peintre du courant impressionniste. C’est même à lui que l’on doit le nom de ce courant artistique : l’impressionnisme ! Il s’agit de peindre des impressions, des émotions plus que des détails… Autant vous dire que ça me parle !

Une sortie familiale (avec Tata et Mima) dans l’univers de ce peintre fascinant, dans sa maison et surtout ses jardins, qu’il a façonné lui-même et qui ont inspiré tant de ses tableaux, s’imposait.

UNE JOURNEE DANS LES JARDINS DE MONET :

Eh oui ! Car la maison et les jardins de Claude Monet, à Giverny, à 1h de Paris, peuvent se visiter.

Les jardins sont remplis de fleurs, qui alternent selon les saisons. En ce moment, au printemps, c’est une véritable explosion de couleurs dans les allées ! Une palette de peinture vivante.

Sa maison, à l’entrée du jardin, peut elle aussi être visitée. On y trouve ses meubles, et de nombreux tableaux et estampes japonaises.

 

 

 

 

 

 

Japonaises, oui. Car c’est le japon qui a inspiré à Monet une partie de ses jardins : l’étang aux nymphéas (peints dans tant de ses oeuvres !), et ses ponts verts, dont le fameux Pont Japonais, qui est une de ses peintures les plus connues (et la préférée de Nohan).

ON EST DESSUS !! La claaaasse !

Les enfants avaient emporté chacun un carnet à dessin et des crayons de couleur, et ont passé la journée à dessiner ce qu’ils voyaient.

Il faut dire que niveau formes et couleurs, il y avait à faire !

 

La visite était vraiment très sympathique ! Je pense que les enfants en garderont un bon souvenir 🙂

MUSEE DES IMPRESSIONNISTE :

A Giverny, il y a également le “musée des impressionnistes”, nous n’y sommes pas restés longtemps, juste le temps de voir certaines des oeuvres de Monet, dont celle du Pont Japonais, la préférée de Nohan.

A savoir : à Giverny il y a aussi le cimetière, où Monet et sa famille son enterrés, mais que nous n’avons pas prit le temps de visiter.

NOS LECTURES SUR MONET :

Les livres me semblent toujours très utiles (indispensables ?) pour se plonger dans un univers…

Dans ce livre, “Le jardin de Monet” (vous pouvez cliquer dessus), une petite fille qui adore les fleurs part visiter le jardin de Monet et les musées qui contiennent ses oeuvres. Elle nous parle aussi de l’histoire et de la famille de Claude ! C’était une très bonne introduction, nous l’avons lu avant la visite et il nous a fait rêver.

Dans “Où est passéla rainette ?”, on se promène dans les jardins de Monet et il faut retrouver une grenouille dans le paysage. C’est ludique, et les dessins reprennent le style du peintre.

CAHIERS DE COLORIAGES :

Le cahier de coloriage de Giverny représente des endroits et fleurs du jardin, à colorier ou à peindre. Le papier est épais et on peut même détacher les pages.

Le second, cahier de coloriage des éditions Kate Art, nous invite à peindre certaines des oeuvres de Monet, à dessiner son propre jardin, ou à colorier celui de Monet vu de haut…

APPLICATION TABLETTE :

Dans mon article précédent sur Klimt, je parlais de l’application Play Art dans laquelle on peut recréer soi-même des tableau de certains peintres à partir de morceaux de leurs œuvres : il y a aussi Monet parmi ces peintres… De quoi passer un moment agréable à laisser libre court à son imagination !

Et voilà ! C’est ainsi que nous avons abordé Claude Monet 🙂

 

Faire entrer les enfants dans l’univers du peintre Klimt

Pour faire entrer les enfants dans l’univers de l’art il y a beaucoup de supports à exploiter, permettant d’aborder un artiste, d’admirer et de retenir ses œuvres.

UNE EXPO KIDS-PROOF :

Nous avions lu un livre sur la vie du peintre Gustav Klimt (que j’aime beaucoup) : Le Chat de Gustav Klimt. Dans la foulée, nous avons découvert qu’il se déroulait justement une exposition sur Klimt, du 13 avril au 11 novembre 2018, à l’Atelier des Lumières à Paris !

L’exposition, que nous vous invitons chaudement à aller voir, est extraordinaire :

Elle se déroule dans le noir. Sur une musique sonore, les images des œuvres de l’auteur sont projetées sur les murs un peu comme un film ! Elles bougent, se focalisent tantôt sur des détails, tantôt sur les tableaux entiers…

On a l’impression d’être à l’intérieur des tableaux.

Dans cet univers féerique, les enfants peuvent courir, danser, se rouler par terre, faire du bruit, toucher aux tableaux… sans gêner personne ! (ci-dessus, Nohan et Shani qui dansent sur l’oeuvre qu’ils ont préféré : L’Arbre de Vie).

On peut aussi s’asseoir dans un coin avec sa Tata et admirer le spectacle… <3

Des moments MAGIQUES ! Une belle réussite, que nous avons tous adoré !

AUTOUR DES OEUVRES

PUZZLE :

En sortant de l’exposition, nous avons acheté un mini puzzle du “Baiser” de Klimt, afin de faire attention aux détails du tableau en le manipulant avec Pipa. (Le + : il est en bois et fait en France) (Le puzzle, pas Pipa^^)

COLORIAGES : 

Un livre de coloriages de certains de ses tableaux (Klimt) nous a permis d’en réinventer les couleurs, de parler des émotions que nous évoquent les arrangements de formes et de couleurs de l’artiste.

APPLICATION :

Sur smartphone ou tablette, l’application Play Art permet d’explorer certains artistes, dont Klimt, en créant ses propres tableaux à partir de morceaux de leurs œuvres (que l’on peut redimensionner, placer où on veut…)

PEINDRE A L’HUILE :

Avec du matériel de peinture à l’huile et un chevalet, nous avons tenté chacun un tableau pour nous mettre dans la peau d’un artiste ! Klimt utilise beaucoup l’or dans ses tableaux, nous nous sommes même procurés de la peinture de cette couleur pour peindre à sa façon.

LECTURES :

En plus du livre “Le Chat de Gustav Klimt“, nous avons lu “Le gardien de l’arbre”, une histoire qui se focalisait sur le tableau “L’arbre de vie”, celui que les enfants ont préféré. Les images du livre reprennent le style de Klimt et sont somptueuses. C’est l’histoire d’une graine dorée qu’il faut planter et protéger <3 …

Voilà comment nous avons abordé ce peintre ! Ces multiples supports, interpellant tout les sens, stimulant l’imaginaire et la créativité, aideront les enfants à l’apprécier et à en garder un bon souvenir…

 

Dans la peau de Gutenberg

Dans notre chapitre d’histoire “les grandes découvertes”, on jette un œil aux découvertes qui ont révolutionné l’humanité dans les années 1500 (Découverte de l’Amérique, Léonard de Vinci, l’avancée de la médecine…). On a abordé l’invention de l’imprimerie avec Gutenberg au travers d’une courte B.D. marrante (dont je vous ai mis les pages ci-dessous). On a parlé de la façon dont ça a permis aux livres, qui étaient auparavant écrits à la main (!), de se répandre et de l’importance que ça a eu dans le monde puisque les livres apportent (et fixent) la connaissance.

On avait sous la main un  tampon encreur dont on pouvait modifier les lettres pour écrire un texte (en général, une adresse). Les enfants se sont mit dans la peau de Gutenberg et se sont amusés à écrire ce qu’ils voulaient.

Ils ont ainsi bien prit conscience qu’il fallait écrire… à l’envers !

Ils ont aussi comprit le temps qu’il fallait passer à la confection de chaque page de livre aux tous débuts de l’imprimerie, donc du côté doublement “précieux” du livre (connaissance + rareté).

Voici la B.D. que nous avons lu, elle est extraite d’une B.D. appelée Chronokids, c’est l’histoire de deux enfants d’une dizaine d’année qui voyagent dans le temps et rencontrent des personnages connus (pour voir mieux, vous pouvez ouvrir chaque image dans un nouvel onglet) :
Chronokids – Les grandes inventions de l’Histoire

IEF : “Mon enfant ne veut pas travailler”

Vous vous êtes lancé dans l’ief avec l’espoir de rendre les acquisitions plus rapides, de laisser plus de place aux sorties, de permettre à votre enfant de travailler avec des méthodes différentes de celles de l’école… et au final, chaque jour au moment du travail, c’est la CRISE. La crise, parce que votre enfant n’a pas envie de travailler et vous le fait savoir : il ne veut rien faire d’autre que JOUER. La crise, parce que vous angoissez à mort face à l’inspection qui arrive, face à l’avenir de votre enfant qui vous paraît tout à coup incertain…

Relaxez-vous un moment.

APPRENDRE AU TRAVERS DU PLAISIR, C’EST INSTINCTIF

Vous n’êtes pas en échec. Et votre enfant n’est ni provoquant, ni paresseux. Au contraire, il est merveilleux. Il fonctionne parfaitement bien : il écoute son instinct de survie, il sait au plus profond de lui que c’est le plaisir qui doit diriger sa vie. Des millénaires d’évolution nous ont créé ainsi, notre corps est tout entier programmé pour fonctionner sur le plaisir, la joie et le bonheur, et pour fuir la douleur et l’inconfort. Et, alors qu’à l’école il était vissé sur sa chaise et brimé au point de ne pas pouvoir s’écouter, à la maison en sécurité à vos côtés votre enfant va être ferme pour le revendiquer, c’est tellement ancré en lui… et les enfants, on le sait, sont dans l’instinct !

“Soit”, me direz-vous. “L’école c’est pas marrant, mais c’est nécessaire”, pour obtenir dans quinze ans (!) un métier (pas toujours marrant lui non plus), qui nous donnera de l’argent qui ELLE, nous permettra d’accéder au plaisir, à la joie et au bonheur ; enfin, après avoir payé les factures. Et en dehors des temps de boulot bien sûr. Vers la période de retraite, quoi.

Sacré monde… Pas étonnant que tant de gens souffrent du stress, de la dépression et de maladie psychosomatiques.

C’est quand on choisit d’écouter nos enfant qu’on se rend compte que ce système, il coince. Qu’il n’est pas logique, et que dès qu’on veut s’écouter, ça ne fonctionne plus !

Et c’est dans ces moment là, si on y réfléchit bien, qu’on perçoit à quel point une éducation différente créera une société différente.

ET SI ON ALLAIT DANS LEUR SENS ?

Oui, et si on allait, pour une fois, dans leur sens…? Votre enfant à envie de jouer. D’accord. Alors… Jouons !

Nous oublions que pendant des millénaires, nos ancêtres ont tout apprit en jouant. Tout partait de l’assemblage de la curiosité, innée en tout animal, et d’un besoin qui allait leur apporter du plaisir. On a faim ? On s’intéresse aux aliments, à leurs formes, leurs couleurs, on les découvre, on les sent et goûte, on comprend leurs saisons, leur fonctionnement, leur récolte, leurs vertus…

Si les maths et la grammaire ne partent pas d’un besoin de comprendre qui parle aux enfants, qui aiguise leur curiosité et qui leur apporte une promesse de plaisir, c’est que nous avons trop mentalisé les choses. Nous les avons trop éloignées et séparées du plaisir, nous les avons rendues abstraites, plates, et pour illustrer le tout, nous les étudions assis de façon forcée sur une chaise devant des feuilles elles-mêmes plates avec des exercices… rébarbatifs.

“Mais dans la vie, il faut savoir se forcer, on ne fait pas toujours les choses par plaisir !” Allez-vous me dire.

Ah ça ! Pourtant, à l’âge adulte, il ne nous viendrait pas à l’idée d’aller travailler la plus grande partie de nos journées dans un métier qui ne nous apporte pas de plaisir si nous n’avions pas la promesse d’une rémunération !

Il y a une grande différence entre se forcer ponctuellement à faire certaines choses parce qu’elles sont nécessaires et… passer le plus clair de sa journée à le faire. Ce qui importe, lorsqu’on ne fait pas les choses par plaisir, c’est qu’elles fassent SENS et qu’elles soient de courte durée. Exemples : se brosser les dents, débarrasser son assiette, se lever tôt pour prendre aller à un rendez-vous, réparer une fuite, échapper à un lion dans la savane… Ces petits stress n’ont pas d’impact négatifs, (voir nous fortifient, si on en croit la loi de l’hormèse). Au contraire, les stress sur le long terme, nous épuisent nerveusement.

L’enfant aura toujours plus de mal à se forcer qu’un adulte. C’est bien normal : tout d’abord c’est son instinct qui l’y pousse, et puis, contrairement à l’adulte qui arrive à “voir plus loin” grâce d’une part à son cerveau qui est plus développé sur ce point et d’autre part à toutes les expériences de vie qu’il a acquises, l’enfant est dans l’instant. Il faut que l’instant fasse sens, que le résultat soit (quasi) immédiat, que le plaisir promis fasse partie de l’action ou n’en soit pas trop éloigné. C’est en prenant en compte ce fonctionnement propre à l’enfant que l’on devrait envisager l’acquisition des connaissances.

CRÉEZ VOTRE PROPRE PÉDAGOGIE

Ce que l’éducation nationale attend de nos enfants est bien moins intense que ce que l’on croit. Cela nous offre énormément de liberté pédagogique. Voici pour info les fiches récapitulatives des acquis des socles 2 (cp, ce1, ce2) et 3 (cm1, cm2, 6e) :

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/College_2016/33/9/RAE_Evaluation_socle_cycle_2_643339.pdf

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/College_2016/74/4/RAE_Evaluation_socle_cycle_3_643744.pdf

Rappelons-nous également que nous sommes dans une société qui mets des cases partout. Or même lorsque nous ne sommes pas assis dans une classe à nous focaliser sur une matière précise, nous sommes quand même en train d’apprendre. Votre enfant apprend constamment.

Vous pouvez vous autoriser à relâcher la pression et vous réorganiser afin de remettre le plaisir au centre de ces moments d’apprentissages, suivant votre propre pédagogie et votre personnalité.

  • Rien ne vous empêche de commencer la journée en vous réunissant sous la couette pour découvrir l’histoire de France au travers d’un “roman doc“, ou d’une B.D. avant même le petit déjeuner.
  • Puis se lancer dans la maquette d’un village Gaulois,
  • ou dans la confection du corbeau et du renard en origamis, puis d’ajouter le visage de Jean de la Fontaine au bon endroit sur votre frise du temps !
  • Pourquoi ne pas bosser le français en laissant votre enfant faire une rédaction sur son jeu vidéo préféré afin qu’il explique à ses proches comment ce jeu fonctionne, et en y insérant des images ?
  • Pour retenir rapidement les tables de multiplication si vous les pensez nécessaires, testez la méthode multimalin ;
  • pour aborder le système solaire ou le corps humain, il y a de bons épisode de “c’est pas sorcier” ou du “bus magique”. Il y a aussi des maquettes à peindre ou à manipuler…
  • Vous pourriez aller visiter les jardins du peintre Claude Monet à Giverny près de Paris pour illustrer l’impressionnisme, armés de carnets à dessins pour reproduire les fleurs que vous y verrez et qui l’ont tant inspiré ;
  • Ou le château d’Amboise sur les bords de la Loire pour parler de la vie de Leonard de Vinci et de la Renaissance. En y ajoutant un livre relatant des choses intéressantes sur ces personnages, un coloriage… un bricolage sur les oeuvres de Léonard… vous serez sûr de faire grande impression, et que votre enfant se souviendra de ce dont il est question.
  • etc…

En un mot, laissez libre court à votre imagination et à celle de votre enfant. Voyez vous-même les choses sous l’angle du jeu. Mettez en relief ce qui vous semble amusant à faire, et PARTICIPEZ ! Vous êtes leur exemple principal, et si vous y prenez du plaisir, vous le communiquerez.

VOICI COMMENT JE FONCTIONNE

Pour les sorties, les livres, bricolages ou coloriages, j’essaye de les vivre au quotidien, d’être moi-même passionnée et curieuse du monde qui nous entoure et de partager mes passions à mes enfants.

Et j’ai choisi de ne pas me décourager même s’ils ne semblent pas toujours réceptifs, car il retiennent bien plus qu’on ne le croit ! Chaque matin au réveil, alors qu’ils sont encore calmes, je leur lis une histoire comportant des notions éducatives mêlées à du fun, qui m’a moi-même interpelée, par exemple L’Ange disparu, sur le thème de l’art (j’adore ce thème), ou un épisode de La cabane Magique, comme le Tome 33: Le secret de Léonard de Vinci, qui relate de vraies choses sur le passé tout en y mêlant deux enfants voyageant dans le temps… Ensuite, on fait le parallèle avec la réalité : “vous saviez que cette anecdote sur la frise qu’à peinte Leonard pour la ville de Florence a VRAIMENT existé ??”
Il faut chercher à s’impliquer, par exemple il faut parfois que je me lance moi-même dans la déco en aimants de “La Chambre” de Van Ghog, ou dans la confection du “penseur” de Rodin, en pâte à sel, avant qu’ils ne s’y intéressent. Cela me semble normal et sain, car on ne peut pas attendre de nos enfants qu’ils soient spontanément, tout seuls, intéressés par tout ! Alors que venir imiter quelqu’un et partager avec lui un moment amusant, ça, ça les botte.

Pour les apprentissages plus “techniques” comme par exemple la grammaire, j’ai créé des outils (exemple : La grammaire en B.D.) pour les rendre le plus ludique possible et pour que les enfants comprennent et retiennent plus rapidement ces concepts abstraits, et qu’on n’ai pas à y passer des heures.

Lorsque j’éprouve le besoin de nous poser sur des cahiers ou des notions pour lesquelles il est dur d’avoir spontanément l’envie, je négocie. Je leur dis qu’ils ne sont pas obligés car j’ai conscience que c’est pénible, mais que s’ils décident d’y passer un moment avec moi, ils gagnent (tout “travail” méritant salaire) un accès à un moment de jeu vidéo (ce pourrait être une autre chose de leur choix). Cela permet de les motiver puis de rééquilibrer le stress impliqué. Ils ont le droit aux jeux vidéos le soir, mais pas pendant la journée, donc ça fonctionne très bien.

Et, étant moi-même fan de jeux vidéos et estimant comme le spécialiste en neurosciences Idriss Aberkane qu’ils sont une voie royale pour les apprentissages, je me sens doublement gagnante lorsqu’après avoir passé un moment à faire de l’écriture ou de la conjugaison, je vois ma fille résoudre les énigmes ardues d’un jeu vidéo de logique, ou mon fils créer des structure géométriques géantes impressionnantes sur Minecraft… Et, bien souvent, je joue avec eux !

Offrez à vos enfants un espace riche pour satisfaire leur curiosité et développer leur imagination ; du jeu ; des challenges ludiques et du plaisir. Restez ouvert à leurs envies et à leurs propositions. Amusez-vous avec eux. L’idée de l’éducation, c’est d’accompagner ses enfants vers le monde de demain afin qu’ils y soient autonomes et heureux ; qu’ils sachent résoudre les problèmes qui surviennent dans leur vie en imaginant de nombreuses de solutions.

Le monde quand ils seront adultes ne ressemblera pas au monde actuel et les métiers y seront différents. Autant leur permettre de se connaître suffisamment pour qu’ils soient capables de créer leur propre voie le moment venu : des métiers faisant la part belle au plaisir, préservant leur bonheur et leur épanouissement…

Frise des anniversaires depuis la naissance

Nous venons de fêter les 7 ans de Shani ! Je profite de cette occasion pour vous montrer la frise que nous complétons à chaque anniversaire.

L’idée est que les enfants puissent voir l’évolution de leur corps et de leur personne dans le temps.

Le visage d’un nouveau né, puis celui d’un bambin, sont si différents de leur visage actuel ! Les vêtements changent de taille et de forme avec le corps qui grandit.

Les centres d’intérêts varient, les goûts aussi…

“Et mes parents ? Comment étaient-ils au même âge ?” Plongée dans les albums… Les ressemblances parents/enfants aux mêmes âges sont parfois frappantes ! “Aurais-je le même visage que toi quand je serais grand/e ?”

Notons qu’il y a des traits de personnalités bien caractéristiques qui restent et s’embellissent avec l’âge, comme l’humour et le pep’s de Shani, hahaha 😀

#”Leçon d’histoire